jaber

En 1958, il travaille comme boulanger à Marseille, dès qu’il avait une pause il dessinait par terre au charbon de bois et faisait cuire la pâte à pain en forme d’oiseaux de poissons ou de fleurs. Deux ans plus tard il parti à Paris et quelques années plus tard séjourna en Amérique ou il obtenait en 1971 le 1er prix de peinture parmi 800 candidats au Plaintfield Art festival et revint à Paris.
Avec une peinture fraîche et colorée Jaber était reconnu comme l’un des derniers artistes de l’art brut par Dubuffet.
Jaber est l’exemple frappant de l’intégration. Immigré Tunisien, sans savoir lire et écrire, sans avoir jamais touché aucune aide sociale ni chômage, ni RMI, il s’en sort plus qu’honnêtement. Il souhaite cependant vivre très modestement, dans l’anonymat et la quiétude. Il n’invite que de très rares personnes à son atelier.
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rémy jammes

Colporteur d’images
Il suffit de regarder, tout ça tombe bien… de regarder il y a de quoi. Rémy Jammes, en bon colporteur d’images, sort à notre attention de sa hotte moult peintures, dessins, sculptures. Et sa besace recèle encore quelques assemblages et objets en matériaux récupérés détournés.
Trafiquant de figurations, artisan industrieux qui œuvre de tout bois, toute toile, toute couleur, tout métal, toute ferraille, Rémy offre un joyeux tohu-bohu qui nourrit et rassasie le regard, le cœur et l’esprit.
Monde imaginaire, imaginatif, bel et bien réel, foisonnant, tribu de personnages drolatiques, ribambelle d’impressions de voyages et de réflexions sur notre vaste monde beau et grinçant.
A venir voir d’un peu plus prêt au pays qu’arpente Rémy le colporteur.
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patrick jannin

Ipso Facto
j’ai fait de la B.D / j’ai fait dans la panique / j’ai fait des mômes / j’ai fait dans l’illustration / j’ai fait le fou / je n’ai pas fait l’armée / j’ai fait le punk / j’ai foiré pas mal de choses / j’ai fait dans le mariage / j’ai fait dans le divorce / j’ai fait de la peinture / j’ai fait dans l’amour aussi / j’ai fait dans le singulier / j’ai fait la sourde oreille / j’ai fait dans le psychédélique / et j’ai fait dans le psychologique / j’ai fait dans l’expressionnisme / j’ai fait sur les politiques / j’ai fait du bruit / j’ai fait dans la haine / j’ai fini dans la merde / et j’ai fait le contraire / j’ai fait dans la douleur / j’ai tout fait dans le désordre / je n’ai pas fait de concessions / j’ai fait dans la noirceur / j’ai fait du mal / j’ai aussi fait le con / je n’ai pas fait que ça / je n’ai pas fait de détails / j’ai fait dans l’angoisse / plus rarement dans le bonheur / mais je n’ai pas fait l’Everest
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hugues joly
Rembrandt ? Van Eyck, Rubens… sont la nourriture d’Hugues pendant des années. Aussi, lorsqu’il commence à peindre, son objectif est de réaliser une madone de Van Eyck. Plutôt de lui ouvrir les portes, ces référents l’ont bloqué. Bien sûr, le résultat est décevant au moins pour 2 raisons : par son manque de technique et par la différence du vécu. Hugues, très croyant, désire témoigner de son expérience chrétienne, mais je pense qu’il ne peut le faire comme Van Eyck.
Son témoignage doit être celui d’un chrétien du 21ème siècle. Nos conversations sur la peinture, sur l’histoire, sur la société, sur le catholicisme lui ont permis peu à peu de trouver son chemin et d’interpréter la dernière cène, la crucifixion… à sa manière. Très sensible au corps féminin, il a bientôt intégré dans ses représentations religieuses des corps de mannequins. Pouvait-il le faire ? Etait-il en état de péché ? Hugues traverse de longues périodes de doute où il ne peut prendre le pinceau. Dépasser ses doutes, assumer ses convictions, voilà le combat qu’il mène quotidiennement.
Bruno Gérard
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alain lacoste

Solitude colorée, impétueuse quiétude, Alain Lacoste, Alain le tendre et l’énigmatique, l’œil plissé d’ironie et de désillusion, voile la lumière pour donner vie à ses créatures et animaux fabuleux dans la pénombre de son atelier.
La constante de sa vie est « la gribouille », la récupération de vieux « trucs ». Des silex de la plage d’Etretat naissent des compositions lacostiennes denses, poétiques et d’une incomparable liberté.
« Il suffit qu’un caillou me fasse la tête et que ça redémarre » dit-il.
Nadine Servant
Alain Lacoste : « Une tâche, ça se respecte »
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abdellaziz ladhari

Travaillant au feeling, suivant l’inspiration spontanée tirée de son expérience de la vie, Ladhari est réfractaire aux académies des beaux arts, auxquelles il a tenté en vain de s’intégrer. « je ne sais pas dessiner » dit-il sans aucune gêne pour bien situer sa démarche par rapport aux savoirs appris. Ce qui ne l’empêche pas de construire sans efforts de belles toiles aux tons savamment étouffés, ou il raconte ses rêves ou diverses anecdotes en petites saynètes cloisonnées comme sur les retables du Moyen Age. Depuis quelque temps, les visages, profils ou personnages de Ladhari, cousins modestes de ceux de Dubuffet, qu’ils n’ont pourtant jamais rencontrés, prolifèrent également sur les pierres de sa voisine d’en face, la montagne de Montserrat, que ce peintre poète admire tous les jours des fenêtres de sa maison.
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martine lamy

Hybrides et homoncules de l’atomisation
En voici un, puis deux, puis trois, sortis comme qui dirait, de la cuisse de Jupiter ou de ce qui lui en tient lieu. Une peuplade de créatures damnée des dieux, trop humaine ou pas assez, surgit en catimini derrière mon dos, pullule sous mes doigts. Il en pleut bientôt des dizaines. Du sperme et du sang en sont les souches premières. Certains alchimistes en auraient fabriqués puis enclos dans des bocaux de verre remplis de formol… Qui sait ? Après des débuts timides, j’entre bientôt en terra incognita. Je me retrouve en plein milieu d’une abominable Tentation de Saint Antoine. N’aurais-je pas franchi les portes d’un territoire maudit ? S’agit-il d’une humanité parallèle à la nôtre ou encore de la préfiguration de l’évolution humaine ? J’en arrive bientôt aux « Hybrides de l’atomisation » : créatures mi-humaines mi-animales ou mi-humaines mi-végétales. Comme une sorte de bestiaire égyptien revisité, à cela près que ces créatures à demi humaines n’ont rien de divin, mais semblent subir des mutations dues à un ingrédient… d’origine atomique. Les végétaux sont gigantesques. Les insectes, démesurés et particulièrement voraces. Les homoncules, tout du moins ce qu’il en reste, objets d’attaques venant de monstres eux aussi mutants. Ils s’observent, se pourchassent les uns les autres. Se fuient, s’entredévorent avec délectation, semblent rattrapés par leurs propres mutations. Les « langueux » font alors leur apparition, extirpant et déroulant de leurs bouches d’épaisses langues spiralées pour capturer leur proie. Suivent les « dévorations », les « édentés », les « denteux », les « volants » puis les « copulateurs ». Sans commentaire. Juste un titre et une datation qui à eux seuls en disent long. Tout au moins suffisamment. Je me fais l’effet d’un naturaliste recensant et classant méticuleusement de bien curieuses espèces couchées sur des planches que je range ensuite dans le tiroir de mon buffet.
Cette série, comptant très exactement trente deux planches, commencée par des « Homoncules au marché » s’achèvera par une « Déesse aux serpents pollinisateurs » sans que je comprenne quel univers je viens de traverser. Peut-être en aurez vous une idée…
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andréa leierseder

Dans ses peintures et ses dessins, Leierseder crée un cosmos de silhouettes, de formes et d’évènements de la vie culturelle et de la nature aux évocations baroques. Ses œuvres représentent des scènes tirées de la littérature et de films, de la religion, de la mythologie et de l’histoire naturelle, de même que des scènes observées dans son propre entourage. Alternant entre natures mortes, peintures d’animaux, études de caractère, scènes et genres de fripons et d’arlequins, l’artiste s’exprime avec une grande aisance dans un monde d’images très diversifié. Dans un style très personnel et très émotionnel, elle combine tous ces mondes divers pour former un panorama de passion humaine. La vie – « destinée et implications » – telle pourrait être la devise de son œuvre.
L’œuvre de Leierseder traite d’un équilibre instable entre la culture et la nature, où les hommes tout comme les animaux sont considérés comme des êtres appartenant tant au monde culturel qu’au monde naturel. Elle traite également de l’oubli de soi de ces créatures. Même les abîmes et les dangers de la vie, et les fautes commises, dont il est toujours question, sont en principe identiques chez l’homme et chez l’animal.
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bernard le nen

Je pourrais vous dire que je suis né il y a quelque temps, pas longtemps après la guerre, dans un autre pays, au bord de la mer. Que j’ai vécu au bout des terres, ici, ailleurs, à la ville un peu, à la campagne souvent.
Que j’ai été à l’école, que j’y appris à lire, à écrire, à compter et à dessiner dans les marges.
Je pourrais vous dire aussi que j’ai fait des tas de boulots, pas bien payés, qui souvent faisaient mal aux mains. Que j’ai pris mon temps quand même pour autre chose que le travail, pour l’amour, les amis, pour les enfants.
Je pourrais vous dire encore que j’ai failli mourir, plusieurs fois. Au moins trois. La dernière c’était il n’y a pas longtemps. Que pour l’instant ça va. Que parfois je fais la cuisine, le ménage.
Je pourrais vous dire enfin que souvent il m’arrive de peindre, d’étaler la couleur, de créer des images…. Secret de Polichinelle me répondrez vous et vous auriez raison...
Alors quoi, se taire ?
Et pourquoi pas.
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joël Lorand

Qu’importe l’origine ou la raison de la « rupture » qui amène Joël Lorand à se découvrir artiste-peintre à trente-deux ans, à plonger de cette façon dans l’exploitation des recoins de son être au monde et de ses rapports à l’enfance. Qu’importe l’aspect « prescription thérapeutique du symptôme » de cette activité, puisqu’il est l’apanage de toute démarche créative. Ce qui compte, c’est bien le résultat positif de cette reconstructive régression. Joël Lorand mène donc de front deux types de travaux : une peinture très élaborée dans la composition et le matériau, et une autre peinture dont la fulgurance d’exécution permet de capter plus vite et plus profond ce qu’il y a à sortir au grand jour. Deux démarches parallèles et de plus en plus intimement mêlées pour conjuguer au mieux gravité et légèreté. La peinture ici, est en cure de jouvence.
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